Conseil des Gouverneurs

Programme d'études de base

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10. Mise en application des parties c et e de la Recommandation 25 (MANDAT 6a2)

Au Collège, on n'a jamais été aussi prêt de mettre en application la Recommandation 25c. À l'heure actuelle, un nombre important de cours à options (cours au choix) sont dispensés en français seulement ou en anglais seulement. Évidemment, bien qu'un étudiant puisse compléter un programme de baccalauréat en suivant des cours dans une seule langue, un nombre beaucoup plus grand de cours au choix sont offerts à celui qui tentera de suivre certains cours dispensés dans sa langue seconde. En outre, un étudiant qui suit des cours dans sa langue seconde peut rédiger les examens ou les projets dans la langue de son choix, et peut également poser des questions ou demander de l'aide dans la langue de son choix; il en a tout à fait le droit. Il est ainsi plus facile de suivre des cours dans sa langue seconde.

Actuellement, les cours obligatoires sont dispensés dans les deux langues officielles, mais malgré tout, à l'occasion, des étudiants se portent volontaires pour ne former qu'un seul groupe lorsque le nombre d'inscriptions est peu élevé.

Il ne fait pratiquement aucun doute que le bilinguisme continue d'augmenter au Collège. Nous avons été informés de la récente mise en application d'évaluations régulières des progrès de chaque élève-officier à l'égard de la norme prescrite. Ceci, évidemment, permet d'éviter les surprises désagréables en fin de programme. Le Collège aura recours davantage à d'autres activités pour accroître encore la pratique du bilinguisme. Tel que mentionné à la section 9, la grande majorité des élèves-officiers sont tout à fait capables de vivre et de travailler dans les deux langues officielles à la fin de la troisième année.

Étant donné que la mise en application partielle de fait de la Recommandation 25c est déjà en place, et que la Loi sur les langues officielles peut être interprétée comme empêchant une mise en application complète, le Groupe de travail a examiné deux approches visant à poursuivre davantage l'application de la Recommandation 25c.

La première approche consisterait à officialiser les attentes en matière de normes linguistiques avant la fin de la troisième année. Si tel était le cas, les élèves-officiers entrant en quatrième année seraient officiellement bilingues, et la mise en application de la Recommandation 25c, même pour les cours obligatoires, deviendrait relativement simple; le fait d'exiger des personnes officiellement bilingues pour travailler dans les deux langues est aussi valable en quatrième année qu'après l'obtention du diplôme. Toutefois, en raison des craintes bien légitimes du Gouvernement du Canada concernant les pressions qui accroissent la possibilité d'assimilation par les francophones, la portion des cours offerts en français devrait être d'environ 50 p. 100, tel que prévu en 25c.

Trois facteurs pourraient permettre d'atteindre plus facilement la norme en matière linguistique à la fin de la troisième année, but difficile à atteindre présentement. Le premier est l'effet à long terme des changements apportés au programme d'acquisition d'une langue seconde déjà en place. Le deuxième réside dans l'incertitude récente quant à la façon dont sera définie à l'avenir la norme requise en matière de bilinguisme pour les élèves-officiers. Le troisième est la composante linguistique du MLA.

La seconde approche analysée par le Groupe de travail consiste à faire en sorte que le programme de base oblige tout étudiant à suivre un petit nombre (peut-être trois) de cours d'un semestre dans sa langue seconde au cours de ses quatre années universitaires, en partie pour apprendre à acquérir des connaissances dans des conditions légèrement défavorables, une aptitude tout à fait pertinente à la formation d'officier. Il se pourrait bien que la Loi sur les langues officielles n'interdise pas une telle approche. Cela n'équivaudrait pas à une mise en application complète de la Recommandation 25c, mais ce serait un pas considérable dans cette direction.

Dans l'un ou l'autre cas, le fait de suivre des cours dans sa langue seconde permettrait inévitablement une meilleure acquisition pratique de la langue seconde, tant chez les francophones que les anglophones, mais tout particulièrement chez les anglophones, qui verraient leur niveau d'aptitudes linguistiques tendre vers (sans toutefois l'atteindre) celui des francophones.

Idéalement, les efforts d'enseignement de la langue seconde seraient concentrés pendant les trois premières années universitaires. Ceci entraînerait une autre conséquence positive. Dans le cas des programmes très complets comme le programme de Génie, on libère cinq heures par semaine en quatrième année. Il serait ainsi possible de redistribuer le travail prévu au programme et d'alléger ainsi certaines contraintes actuelles.

Dans son Rapport intérimaire, le Groupe de travail note que le recteur a chargé un comité distinct, présidé par M. Bardon, de lui recommander des méthodes pour la mise en application de la Recommandation 25e. Une première communication entre le groupe de travail et ce comité a permis de déterminer l'approche qu'il comptait étudier :

  1. À l'heure actuelle, le fait d'atteindre la norme en matière de langue seconde donne lieu à une annotation sur le relevé de notes, et à une note « A  », mais le coefficient de pondération est nul. Par conséquent, cela ne peut ni influer sur la moyenne ni remplacer un autre cours.
  2. Étant donné la difficulté de composer avec le programme de base et les besoins des programmes individuels, il n'est pas utile que des réalisations dans l'acquisition d'une langue seconde supplantent d'autres cours. Toutefois, il est fort acceptable d'attribuer une pondération aux divers degrés de compétence en langue seconde aux fins de calcul de la moyenne de l'étudiant.
  3. Il est proposé d'établir deux autres points de repère adéquats excédant la norme requise actuelle de BBB. La réalisation de ces nouveaux objectifs pourrait être démontrée de diverses façons, y compris par un examen fondé sur l'expérience.
  4. Les annotations sur les relevés de notes, accompagnées de la cote « A  », seraient communiquées, comme c'est le cas actuellement, pour la norme en vigueur, et seraient prises en considération pour le calcul de la moyenne de l'année concernée, mais ne pourraient remplacer aucun cours.
  5. Si l'un des deux points de repère plus élevés était atteint, il y aurait également une annotation, accompagnée aussi d'un « A  » et d'une pondération, mais elle pourrait être utilisée pour hausser la moyenne de n'importe quelle année du programme, selon la décision de l'étudiant. Cela ne pourrait non plus remplacer aucun cours.

On a confié à ce comité la responsabilité d'élaborer une proposition détaillée, et d'expliquer les rôles des enseignants et des professeurs de langue. Il devrait présenter son rapport au Recteur sous peu.